LE MEURTRE D’UNE FEMME N’EST PAS UN DRAME FAMILIAL

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LE MEURTRE D’UNE FEMME N’EST PAS UN DRAME FAMILIAL

Actualité ,Violence |

18 avril 2017

Liste complète des signataires à la fin de l’article – LE SOLEIL

Chère société,

Ça fait un moment que nous voulons te parler. Il aura fallu le meurtre de six femmes en l’espace de quelques semaines pour que nous t’écrivions. C’est sans compter les centaines de femmes disparues et assassinées depuis des années, souvent dans l’indifférence. Derrière ces horribles crimes, la question de la violence conjugale est actuellement médiatisée et, nous espérons, prise au sérieux. Nous en parlons, mais nous en parlons mal.

Chère société, nous pensons qu’il est temps de changer nos pratiques et d’établir un nouveau contrat social avec toi. Nous voulons te proposer de bannir trois expressions de ton langage. Juste trois, pour l’instant, et on pense que tu peux y arriver. Les voici : «crime passionnel», «drame familial» et «il a perdu le contrôle».

Le choix des mots est important lorsqu’on parle d’enjeu social et il faut nommer les choses par ce qu’elles sont :«un meurtre conjugal». Car non, il ne s’agit pas d’un drame et utiliser ce terme rend invisible le geste posé et banalise la violence conjugale. L’utilisation de l’expression «crime passionnel» met de l’avant l’idée que la passion mène au meurtre. Rappelons que ce n’est pas la passion, ni l’amour qui tue, mais bien le meurtrier. Tuer sa conjointe ou ses enfants est un acte de violence inouïe qui se doit d’être nommé et dénoncé.

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