Ken Loach, les préjugés sur les «BS» et le rôle de l’État

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Ken Loach, les préjugés sur les «BS» et le rôle de l’État

ÉMILIE E. JOLYRICOCHET

Photo: Patryk Gradys

Ricochet s’est cru bon de publier, le 11 mai dernier, un article intitulé «Ken Loach et le mythe du bon pauvre» de Laurence Ricard.

D’emblée, il me faut l’avouer : je suis une fan de Ken Loach. Mais aussi, et surtout, je travaille à temps plein avec des personnes mal-logées et en situation de pauvreté. En lisant le texte de Laurence Ricard, je me suis tout de suite demandé si nous avions bien vu le même film… Pas d’erreur, je suis également allée au Cinéma du Parc dimanche dernier!

Sur les bons et les mauvais pauvres

Un bon pauvre, c’est un pauvre qui ne chiale pas. Qui non seulement accepte la charité, mais qui dit poliment «merci» et pose pour les kodaks quand le président de Centraide vient faire sa tournée médiatisée. Un bon pauvre, ça fait des efforts, ça cherche du boulot, ça ne se cache pas derrière la maladie. Un bon pauvre, ça ne passe pas de CV en espérant ne pas être rappelé. Une bonne pauvre, ça ne fait pas le «choix» déchirant de se prostituer pour nourrir ses enfants. Un bon pauvre, ça ne manigance pas avec un ouvrier chinois pour vendre des souliers de sport du coffre de sa voiture. Les trois protagonistes principaux de Loach, Daniel, Katie et China, ne sont donc pas de «bons» pauvres tel que l’État les préférerait, mais ils sont néanmoins dignes, debout, fiers.

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