AU COEUR DE LA DÉTRESSE DES PÈRES

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AU COEUR DE LA DÉTRESSE DES PÈRES

GENEVIÈVE PETTERSENJOURNAL DE MONTRÉAL


Illustration: Christina Labelle

C’est l’automne et des enfants s’amusent sur le terrain jonché de feuilles mortes du centre communautaire d’Ahuntsic. À l’intérieur de l’édifice patrimonial, des pères en détresse se sont réunis pour échanger. Je grimpe l’escalier de bois qui mène à RePère, un organisme leur venant en aide depuis plus de vingt ans.

Louis, un jeune intervenant social dans la trentaine, explique aux gars assis autour d’une grande table ovale que je suis ici pour entendre leurs histoires. Il s’adresse à eux comme s’il était leur chum de gars. Ils ont été prévenus de ma présence et ils sont venus nombreux. Plus nombreux qu’à l’habitude, il paraît. «Ils ont beaucoup de choses à raconter. Ils ressentent pour la plupart un profond sentiment d’injustice», m’a expliqué Louis peu avant la rencontre.

Louis a commandé de la pizza pour tout le monde. L’ambiance est tellement relaxe qu’on se croirait à une soirée de poker entre boys. Pendant qu’il distribue des pointes d’all dressed, j’explique ce qui m’amène. Dans la foulée de l’affaire Ugo Fredette, cet homme qui a enlevé son fils et assassiné son ex-conjointe récemment, j’ai eu envie d’entendre des pères s’exprimer sur la détresse vécue par certains hommes après une séparation. Tout de suite, la tension monte dans la salle. C’est un sujet délicat. Les gars se braquent, se regardent. Personne ne semble vouloir briser la glace.

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