MATIÈRE PREMIÈRE

Articles

MATIÈRE PREMIÈRE

JEAN- FRANÇOIS NADEAULE DEVOIR

«Voici l’horreur des horreurs», écrit l’imprécateur Léon Bloy en 1909 dans Le sang du pauvre: «le travail des enfants, la misère des tout-petits exploités par l’industrie productrice de la richesse!» Cette exploitation sans nom se produit dans tous les pays, notait ce bien curieux religieux. Il ajoutait: «Jésus avait dit: “Laissez-les venir à moi”. Les riches disent : “Envoyez-les à l’usine, à l’atelier, dans les endroits les plus sombres et plus mortels de nos enfers. Les efforts de leurs faibles bras ajouteront quelque chose à notre opulence”.»

En Angleterre, en 1860, un magistrat note dans un rapport les conditions de travail des enfants employés par les fabriques de Nottingham. Ces enfant-ouvriers, écrit-il, sont «tirés de leur grabat à deux, trois ou quatre heures du matin et contraints à travailler pour un salaire de misère jusqu’à 10 heures, 11 heures ou minuit, membres usés, corps flétris, visages blêmes, tout leur être sombrant littéralement dans la torpeur comme pétrifié, horribles à voir.»

Pour lire la suite…

© FAFMRQ 2018