Dossier : Conciliation famille-travail-études

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RÉSUMÉ DU DOSSIER
Ce qu’on appelle communément la conciliation travail-famille est trop souvent considérée comme une problématique individuelle. En effet, plutôt que de questionner les causes structurelles à l’origine des difficultés rencontrées par les travailleuses et les travailleurs en matière de conciliation, on croit que doter les familles de trucs et astuces suffira à solutionner tous les problèmes. On a même parfois l’impression qu’il s’agit d’une fatalité à laquelle, dans un monde où tout va de plus en plus vite et coûte de plus en plus cher, les familles ne peuvent échapper!

Si on le compare au reste du Canada, le Québec fait passablement bonne figure en matière de politiques familiales. En effet, l’existence d’un réseau public de services de garde éducatif permet à un grand nombre de femmes qui ont des enfants d’âge préscolaire d’occuper un emploi et ainsi s’assurer d’une plus grande autonomie économique. Le Régime québécois d’assurance parentale offre également des congés parentaux plus généreux que les mesures offertes par le fédéral via le programme d’assurance-emploi. Finalement, la mise en place, en 2005, de la mesure Soutien aux enfants a considérablement amélioré la situation économique de nombreuses familles à faible revenu, notamment des familles monoparentales.
Cependant, au Québec comme ailleurs, on assiste à une précarisation de plus en plus grande du marché du travail et à une érosion progressive des protections sociales. Ainsi, les emplois à temps plein, de 9 à 5 et du lundi au vendredi, qui étaient autrefois la norme, sont graduellement remplacés par des emplois dits « atypiques » (temps partiel, temporaires, sur appel, à horaires variables, etc.). Ces changement font en sorte que l’emploi, qui constituait jadis la voix royale pour sortir de la pauvreté, ne remplit plus forcément cette fonction. Pour preuve, les banques alimentaires sont fréquentées par un nombre grandissant de travailleuses et de travailleurs.

On doit ajouter à ce tableau peu encourageant le fait que l’État joue lui-même un rôle actif dans le processus de précarisation de l’emploi, en mettant notamment en place des politiques destinées à rendre le marché du travail et la main-d’œuvre plus « flexibles » sous le couvert d’offrir aux entreprises les conditions nécessaires à la création d’emplois dans un contexte de globalisation. L’État abandonne donc progressivement son rôle de protecteur des droits des travailleurs au profit d’un rôle de régulateur de la croissance économique. Ainsi, on assistera à des reculs importants des protections sociales, comme les récentes réformes assenées au programme d’assurance-emploi et à l’aide sociale. Dans les deux cas, les modifications ont pour effet de forcer les travailleuses et les travailleurs à accepter des emplois de mauvaise qualité et de réduire leur pouvoir de négociation en dépit d’une détérioration de leurs conditions de travail.

La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec lutte depuis 1974 pour l’amélioration des conditions de vie des familles qu’elle représente. Tout comme nous sommes d’avis que la lutte aux inégalités ne saurait se faire sans s’attaquer aux causes structurelles qui les créent, nous croyons que la mise en place de solutions viables pour permettre aux travailleuses et travailleurs de mieux concilier leurs responsabilités familiales et leurs activités professionnelles est une responsabilité collective. Ainsi, nous croyons que la mise en place de mesures permettant de concilier la vie personnelle, la vie familiale, les études et le travail de façon véritablement efficace ne saurait se faire en dehors d’une politique familiale globale. De plus, une telle politique devrait être transversale, c’est-à-dire avoir des effets structurants sur les autres politiques et programmes gérés par l’ensemble des ministères et organismes gouvernementaux.

Quelques enjeux et principes…
Étant donné la priorité qui doit être accordée au bien-être des familles dans les mesures visant à concilier les responsabilités familiales et les activités liées à l’emploi, et étant donné que les parents-étudiants sont également aux prises avec d’importants problèmes de conciliation, plutôt que de parler de conciliation travail-famille, nous préférons parler de conciliation famille-travail-études.

Être à la tête d’une famille monoparentale présente nécessairement des défis plus grands en matières de conciliation famille-travail-études que lorsque deux parents sont présents.

Être une femme présente des difficultés supplémentaires, entre autres parce que ce sont les femmes qui vivront des épisodes de retrait du marché du travail plus ou moins longs au moment de donner naissance à un enfant.

Étant donné la précarisation de plus en plus importante du marché du travail, l’État devrait tout mettre en œuvre pour protéger les travailleuses et les travailleurs des pratiques abusives de certains employeurs (notamment via la Loi sur les normes du travail et son application) et offrir des protections sociales adéquates via les programmes d’assurance-emploi, d’aide sociale, d’assurance-parentale, de services de garde et d’allocations familiales.

Parce que l’accès à des emplois de qualité passe par une formation qualifiante, et parce que la majorité des emplois créés aujourd’hui exigent des diplômes post-secondaires, des mesures devraient être mise en place en vue de favoriser l’accessibilité aux études pour les parents-étudiants, particulièrement pour les femmes responsables de famille monoparentale.

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