Dossier : Intervention précoce & PPP sociaux

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RÉSUMÉ DU DOSSIER
L’arrivée des partenariats publics/philanthropiques dans le paysage des politiques sociales québécoises en a fait sourciller plusieurs. Pourtant, ce n’est pas d’hier que la FAFMRQ se questionne sur les enjeux que soulèvent les interventions qui ciblent les jeunes enfants en situation de vulnérabilité et leur famille.

Déjà, en 2002, nous étions aux premières loges de l’organisation d’un colloque1 qui se penchait notamment sur les fondements théoriques à l’origine de ce type de programmes qui, plutôt que de questionner les inégalités sociales, ont tendance à faire porter le poids des problèmes sur les individus.

Pour la Fédération, les PPP sociaux et les programmes auxquels ils donnent naissance (la création d’Avenir d’enfants suite à l’adoption du projet de loi 7 en est un exemple), soulèvent des enjeux de trois ordres: 1) le non-respect des processus démocratiques alors que l’État abdique ses responsabilités au profit de riches mécènes dans la détermination des priorités gouvernementales dans le domaine des politiques sociales; 2) les impacts possibles sur les communautés (dont les organismes d’ACA) en ce qui a trait à l’apparition de nouveaux acteurs, de nouvelles structures et de nouvelles règles de concertation; et surtout, 3) les impacts sur les familles elles-mêmes relativement à la nature des interventions qui leurs sont destinées.

Or, ce ciblage de populations dites « vulnérables » est loin d’être gratuit. Il vient de la volonté, pour les États, d’endiguer les coûts économiques et sociaux de la pauvreté. Ces façons de faire sont d’ailleurs dans la foulée des diverses réformes assenées aux programmes sociaux depuis les dernières décennies dans la plupart des pays industrialisés. Ainsi, on multiplie, auprès des enfants en situation de pauvreté, une quantité toujours plus impressionnante et sophistiquée d’interventions destinées à faire d’eux des adultes productifs (donc moins coûteux pour l’État). Mais dans cette tendance à privilégier les approches comptables, y a-t-il encore de la place pour les valeurs humaines?

Au-delà du besoin effréné de créer un monde lisse et exempt d’imperfections, ne sommes-nous pas en train d’évacuer le simple droit d’être, de grandir et d’apprendre à partir de nos erreurs et de nos souffrances? Pire encore, ne sommes-nous pas en train de perdre notre capacité de nous remettre nous-mêmes en question ou de perdre le droit de poser tout regard critique sur le monde qui nous entoure? Comme le définit Philippe Warin, de l’Institut d’études politiques de Grenoble: «La stigmatisation est une forme de sanction imposée à celui qui n’arrive pas à s’adapter au fonctionnement d’une société libérale fondée sur la responsabilisation des individus». Or, si l’un des principes à la base de l’action communautaire autonome est «la volonté de faire advenir une société plus juste, plus démocratique, plus humaine (…) exempte de pauvreté et de toutes formes de discrimination», il est clair que, face aux PPP sociaux et aux programmes qui ciblent et stigmatisent, le grand et difficile défi de l’ACA en est un de résistance!

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