Les défis d’aujourd’hui et ceux de demain
par Lise Rousseau, présidente de la FAFMRQ
Bulletin de liaison, vol. 30, no 1
Bonjour à toutes et à tous! J’espère que l’été commence à montrer des signes de sa venue chez vous. Il s’est passé encore pas mal de choses depuis la dernière parution du Bulletin de liaison. Comme bien des gens, vous avez sans doute suivi la sortie du nouveau budget du gouvernement du Québec. Selon le nouveau ministre des Finances, il s’agissait d’un «budget responsable, qui respecte les engagements du gouvernement et qui prépare le Québec aux défis de demain». Mais de quels défis s’agit-il au juste? Celui de devoir vivre encore et toujours avec moins d’argent et avec des augmentations de tarifs de toutes sortes? Il semble bien que oui…
Dans son nouveau budget, le gouvernement a réaffirmé son intention d’investir en priorité dans la santé et l’éducation. Pourtant, en éducation, on n’entend parler que de coupures par les temps qui courent : fermeture de classes spéciales destinées aux enfants en difficulté, coupures dans les programmes scolaires pour tout ce qui touche aux arts, etc. Dans quoi le gouvernement a-t-il l’intention d’investir s’il coupe dans des services directs aux étudiants? Le ministre de la Santé vient également d’annoncer des coupures importantes dans les services d’hébergement pour les aînés, qui seront remplacés par des services de maintien à domicile. Encore une fois, ce sont les proches aidants qui devront assumer les soins que requièrent les personnes en perte d’autonomie. Il n’y avait pas non plus, dans le dernier budget, d’argent neufpour l’aide aux familles, ni pour la politique de conciliation travail-famille. Pourtant, les familles étaient censées faire partie des priorités gouvernementales. Dans les pages qui suivent, un article de Claudette Mainguy fait le point sur les effets des mesures Soutien aux enfants et Prime au travail pour différents types de familles.
Par ailleurs, aucun montant n’a été annoncé en terme de lutte à la pauvreté dans le dernier budget. De son côté, le Collectif pour un Québec sans pauvreté est présentement en train de faire une démarche pour tenter de chiffrer la couverture des besoins essentiels et le seuil de sortie de la pauvreté. À cette étape-ci de sa démarche, le Collectif propose un montant de 12 000$ par année pour assurer la couverture des besoins essentiels d’une personne seule. Il propose également un montant de 20 000$ par année pour le seuil de sortie de la pauvreté. Les calculs n’ont toutefois pas encore été établis pour d’autres types de ménage, comme les familles monoparentales par exemple.
Le seuil de faible revenu canadien était de 19 795 $ pour une personne seule en 2003. Or, au Québec, une personne qui travaille 40 heures par semaine au salaire minimum (7,60$ / heure depuis le 1er mai 2006) se retrouve avec des revenus de 15 808$ à la fin de l’année, c’est-à-dire près de 4 000$ en-dessous du seuil de faible revenu. C’est peut-être suffisant pour couvrir les besoins de base, mais, ce qu’on oublie souvent de considérer, c’est qu’aussitôt que survient un imprévu, ces personnes n’ont pas l’épargne nécessaire pour y faire face. Elles ont encore moins d’argent de côté pour se permettre des loisirs, des sorties ou des vacances. Vous trouverez, dans le présent numéro, un article qui traite plus en détails de ces questions.
J’aimerais terminer en vous souhaitant, à toutes et à tous, de très belles vacances! Je formule également le souhait, qu’un jour prochain, notre société fera en sorte que chacune et chacun d’entre nous aura les moyens d’en prendre.






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