Présentation donnée par la FAFMRQ devant les étudiant(e)s en Techniques de travail social du Cégep du Vieux-Montréal en décembre 2006
La monoparentalité au Québec
Au cours des dernières décennies, la société québécoise, comme les autres sociétés industrialisées, a connu de profonds bouleversements, tant au plan économique que social. Ces changements ont généré l’émergence de nouvelles formes de familles, parmi lesquelles figurent les familles monoparentales et les familles recomposées. Lors du dernier recensement de 2001, il y avait 1 267 815 familles au Québec. De ce nombre, 335 595 (27%) étaient des familles monoparentales dont la très forte majorité (80%) était dirigée par une femme. Cela constitue une augmentation de 3% du nombre de familles monoparentales depuis le recensement de 1996.
Les statistiques des dernières années le démontrent clairement : les familles monoparentales, particulièrement celles dirigées par une femme, sont parmi les plus pauvres au pays. Ainsi, selon des données du Conseil national du bien-être social, le taux de pauvreté pour les familles monoparentales constituées de la mère et de ses enfants demeure encore entre cinq à six fois plus élevé, en moyenne, que le taux de pauvreté des couples avec ou sans enfants. Selon Statistique Canada, la proportion de familles monoparentales dirigées par une femme et vivant sous le seuil de faible revenu avant impôt était de 47,6% en 2000, comparativement à 11,4% pour les familles biparentales. En 2001, le taux de pauvreté chez les mères seules de moins de 65 ans était de 42,4%, comparativement à 19,3% pour les pères seuls, à 9,5% pour les couples avec enfants et à 8,1% pour les couples sans enfants. De plus, selon le Rapport 2004 sur la pauvreté des enfants au Canada de Campagne 2000, le taux de pauvreté des enfants vivant dans une famille monoparentale était de 51,6% en 2002. À Montréal, près de 40% des enfants vivant au sein d’une famille monoparentale sont pauvres et la majorité d’entre elles se retrouvent dans la région métropolitaine.
En août 2006, 48 174 familles monoparentales comptaient sur des prestations du programme d’assistance-emploi (aide sociale) pour vivre. En 2003, le taux de faible revenu avant impôt pour l’ensemble de la population du Québec était de 22,5%. Chez les familles biparentales, le taux de faible revenu était de 9,5%, alors qu’il grimpait à 40,9% pour les familles monoparentales et à 46,9% pour les familles monoparentales dirigées par une femme. En 2002, le revenu moyen des familles biparentales avant impôt était de 75 782$ alors qu’il n’était que de 33 581$ pour les familles monoparentales et de 29 884$ pour les familles monoparentales dirigées par une femme. Cette même année, 41,4% des familles monoparentales se retrouvaient dans les deux quintiles des plus bas revenus. Les quintiles sont établis chaque année en prenant la moyenne des 20% de la population qui composent chacun des cinq groupes. La moyenne de 2002 pour les deux quintiles du bas était d’environ 25 600$.
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