A-t-on les moyens d’accueillir les familles immigrantes?
par Nathaly Roy, présidente de la FAFMRQ
Bulletin de liaison, vol. 31, no 3
Avant toute chose, laissez-moi vous souhaiter une bonne et heureuse année à toutes et à tous! Que les valeurs de justice, d’équité et de dignité soient de plus en plus présentes en 2007, tant dans nos vies que dans nos actions collectives! Je suis heureuse de partager avec vous ce premier Bulletin de liaison de l’année 2007 qui, encore une fois, est collé sur l’actualité puisque nous y traiterons des familles issues de l’immigration. En effet, tous les débats qui circulent au sujet des fameux "accommodements raisonnables" nous ont donné envie de nous pencher sur la présence des familles issues de l’immigration au sein des associations de familles monoparentales et recomposées.
Comment ces familles vivent-elles la rupture conjugale? Les défis liés à l’intégration des personnes immigrantes à la société québécoise augmentent-ils les difficultés vécues lors d’une rupture conjugale? Les
nouvelles valeurs rencontrées dans la société d’accueil sont-elles parfois à l’origine des conflits familiaux? Ces familles sont-elles portées à fréquenter les ressources communautaires de leur région? Ont-elles des besoins spécifiques auxquels les associations de familles monoparentales et recomposées sont en mesure de répondre?
Pour tenter de répondre à quelques-unes de ces questions, nous nous sommes adjoint la collaboration de diverses personnes. Ana Gherghel, du Centre de recherche JEFAR de l’Université Laval, nous brosse un portrait fort instructif de l’état de la recherche actuelle sur la monoparentalité et la recomposition au sein des familles immigrantes. Pour sa part, Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes nous apprend que ces organismes connaissent de graves problèmes de sous-financement tout en ayant à répondre à des besoins de plus en plus grands et diversifiés. À ce titre, on ne peut s’empêcher de comparer la situation des organismes du secteur Immigration à celle des organismes communautaires Famille.
Nous avons également demandé à quelques-unes de nos associations membres de nous parler de leur expérience terrain auprès des familles issues de l’immigration. C’est donc tantôt sous forme de témoignage, tantôt sous forme de portrait ou de réflexion qu'elles se sont prêtées à cet exercice. À la lumière de ces écrits, on se rendra compte qu’il n’est pas toujours facile de rejoindre les familles monoparentales issues de l’immigration.
Par exemple, dans la région où j’habite et où je travaille (Drummondville), bon nombre de familles d’origine colombienne se sont établies récemment. Or, comme la grande majorité de ces personnes ne parlent pas français, elles sont difficiles à joindre pour les organismes communautaires. Comment, en effet, à moins d’avoir une travailleuse qui parle espagnol couramment, intégrer ces personnes aux activités de l’organisme? Certains organismes du milieu ont pris l’initiative de faire traduire leurs dépliants pour les rendre accessibles aux familles, mais cela implique des coûts qui ne sont pas toujours à la portée des groupes communautaires.
Encore une fois, en dépit de toute la bonne volonté que les associations peuvent avoir de mieux accueillir les familles monoparentales quelle que soit leur origine, encore faut-il qu’elles en aient les moyens. Mais au-delà de ces considérations, il est important de poursuivre notre réflexion sur ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour mieux répondre aux besoins des familles issues de l’immigration.






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