Rentrée parlementaire fédérale : Les femmes sont déçues des partis d'opposition
Le bilan du gouvernement Harper, en ce qui concerne la défense des droits des femmes, est désastreux et porte atteinte à un enjeu fondamental auquel la population québécoise et canadienne est attachée : l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la société.
Nous sommes préoccupées et déçues par les trois principaux partis d’opposition qui font peu d’écho à la protection des droits des femmes au Québec et au Canada lorsqu’il s’agit de négocier leur appui éventuel au discours du trône du gouvernement Harper.
De manière systématique et idéologique, le gouvernement Harper a agi pour contrer la capacité des groupes de femmes à faire valoir les droits des femmes à l’égalité au niveau politique et au niveau judiciaire. Ainsi, ce gouvernement s’est attaqué à la capacité des groupes de femmes de défendre les droits à l’égalité en coupant leur financement au niveau de la représentation politique. Conséquemment, un organisme tel que Femme et droit a fermé ses portes et de nombreux groupes de femmes se sont vus amputer une partie de leur financement.
Puis, le gouvernement conservateur a continué son travail de sape en s’attaquant à la capacité de financer la défense des droits des femmes devant les tribunaux. En effet, il a aboli le programme de contestation judiciaire. De plus, ce gouvernement a refusé la mise en place d’une loi sur l’équité salariale comparable à celle qui existe au Québec. Des centaines de milliers de personnes occupant des emplois traditionnellement féminins dans des entreprises, des organismes et des sociétés de juridiction fédérale se voient ainsi, encore aujourd’hui, condamnées à l’iniquité économique partout au Canada. Enfin, le gouvernement Harper a sabordé la mise en place d’un programme national de garderie qui respectait les compétences du Québec.
Certes, au Parlement, les partis politiques fédéraux ont, chacun à leur manière, dénoncé ponctuellement les attaques inacceptables du gouvernement conservateur à l’égard de l’avancement de la cause des femmes pour l’égalité. Toutefois, force est de constater, qu’au moment où cela compte le plus, les leaders des partis politiques fédéraux sont silencieux.
Oui, du point de vue d’une analyse féministe, les enjeux associés au respect du Protocole de Kyoto et au retrait des troupes canadiennes d’Afghanistan sont fondamentaux. Oui, il est aussi important de protéger notre agriculture et d’aider les populations des régions atteintes par la crise forestière. Oui, l’élimination du pouvoir de dépenser du fédéral dans les champs de juridiction provinciale constitue un enjeu au Québec.
Toutefois, dans des moments cruciaux comme celui où l’on doit déterminer les conditions sur lesquelles on appuiera ou non le maintien du gouvernement canadien, les leaders des partis politiques d’opposition doivent assumer le caractère fondamental de la défense des droits des femmes. Outre les enjeux qui touchent le respect du Protocole de Kyoto et le retrait des troupes canadiennes d’Afghanistan, les chefs des trois partis politiques de l’opposition, Stéphane Dion, Gilles Duceppe et Jack Layton doivent exiger :
• le rétablissement du fonds de contestation judiciaire ;
• le financement des activités de défense des droits des femmes ;
• l’adoption d’une loi proactive sur l’équité salariale ;
• l’instauration d’un programme canadien de services de garde et le transfert au Québec des sommes qui lui reviennent pour supporter le maintien et le développement de son propre réseau de services de garde.
Signée par :
Michèle Asselin, présidente, Fédération des femmes du Québec
Rolande Clément, présidente, Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale
Danielle Fournier, présidente, Relais-femmes
Mariette Gilbert, présidente, Afeas
Diane Heffernan, coordonnatrice, Réseau des lesbiennes du Québec
France Lavigne, présidente, L'R des centres de femmes du Québec
Manon Monastesse, directrice, Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec
Ruth Rose, présidente, Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail
Nathaly Roy, présidente, Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec
Page reliée : Discours du Trône : Des groupes de femmes déçus!, 16.10.2007






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