Par Nathaly Roy, présidente
Bulletin de liaison, Vol. 33 no 1
Ces derniers temps, on entend beaucoup parler des mesures de soutien à la famille. Du côté de la classe politique, par exemple, le fameux 100$ par semaine de Mario Dumont a fait couler beaucoup d’encre pendant la dernière campagne électorale. Plus récemment, le dernier budget libéral présentait lui aussi des mesures pour la famille, avec le développement de nouvelles places en services de garde, la création d’un fonds pour les enfants de 0 à 5 ans et même une légère augmentation de financement (bien qu’insuffisante) pour les organismes communautaires Famille. Le milieu de la recherche est également très intéressé par les mesures de soutien aux familles. En effet, on a vue se multiplier, ces dernières années, plusieurs études visant à mesurer l’impact de la fréquentation des services de garde sur les enfants. La famille est également un sujet qui occupe passablement d’espace dans les médias. Mais de quoi au juste les familles ont-elles besoin?
Ce numéro du Bulletin de liaison est tout à fait dans l’air du temps puisqu’il porte en grande partie sur ces fameuses mesures de soutien aux familles dont on parle autant un peu partout! Vous y trouvez, par exemple, un article qui réagit à la fameuse proposition adéquiste de donner 100$ par semaine aux familles qui ne fréquentent pas les services de garde. Avec un titre comme «…une recette pour la pauvreté des femmes», on peut facilement imaginer l’analyse qui y est développée. Pendant qu’on y est, on en profite également, dans ce numéro, pour faire le point sur les services de garde, grâce à une collaboration de l’Association québécoise des CPE.
À cela s’ajoute un article de Philip Merrigan qui examine les impacts de la politique familiale de 1997 (soit la création d’un réseau de services de garde à contribution réduite) sur le travail des femmes. Comme on pouvait s’y attendre, l’accessibilité à cette mesure spécifique a eu des effets importants sur l’autonomie économique des femmes. Il s’agit d’ailleurs là d’un atout d’autant plus crucial lorsque survient une séparation.
Le rôle du beau-père en famille recomposée est également abordé dans le cadre de ce Bulletin. L’article de Claudine Parent, du Centre de recherche JEFAR, nous apprend notamment qu’il existe trois représentations sociales associées au rôle joué par les beaux-pères dans les familles : le parent remplaçant, le parent additionnel et le faux parent. N’est-ce pas que ça donne envie d’en savoir davantage? Toujours dans le domaine de la recherche universitaire, la banque de données Famili@, de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), fête son 10e anniversaire cette année. Vous pourrez découvrir les nombreuses réalisations de Famili@ en lisant l’article de Dominique Brière et Renée B. Dandurand.
Finalement, plusieurs se reconnaîtront sans doute dans le texte du Regroupement des organismes communautaires Famille de Montréal (ROCFM) où il est notamment question des nombreuses exigences qui sont de plus en plus souvent imposées aux familles. Cet article est également un début de réponse à la question que je posais un peu plus haut. De quoi les familles ont-elles besoin? Pour le ROCFM, les familles ont peut-être d’abord et avant tout besoin qu’on leur fasse confiance et qu’on les soutienne plutôt que de leur imposer de nouvelles normes et de nouvelles obligations. Pour ma part, j’ajouterais que je suis particulièrement fière des familles monoparentales et recomposées qui fréquentent nos associations! Elles ont sans nul doute besoin, elles aussi, qu’on les reconnaisse et qu’on les soutienne dans leur spécificité, tout autant que nous avons besoin collectivement, comme société, de leur courage et de leur richesse.







