Par Nathaly Roy, présidente
Bulletin de liaison, Vol. 33 n°3
D’abord, j’aimerais profiter de ce tout premier numéro de 2009 du Bulletin de liaison pour nous souhaiter, collectivement, une année remplie d’un peu plus de solidarité et de beaucoup moins d’injustice. En effet, avec la crise économique qui sévit actuellement, les iniquités risquent fort de s’accentuer au cours des prochains mois et nécessiter davantage d’efforts pour faire reconnaître les droits des plus démunis. À l’heure où les gouvernements devront prendre des mesures pour contrer les effets de la crise économique, on peut se demander ce qu’il adviendra du sort des moins bien nantis. D’autre part, si on assiste déjà à une augmentation importante de la pauvreté (les taux de fréquentation des banques alimentaires brisent des records un peu partout au pays!), plusieurs de ceux qui s’en sortent actuellement risquent fort de rejoindre les rangs des ceux qui vivent dans la précarité. Or, quand on sait à quel point les droits économiques et sociaux sont peu respectés, même en période de prospérité économique, comment fera-t-on pour les faire valoir au moment où on les gouvernements disent devoir se serrer la ceinture?
D’ailleurs, il est pour le moins consternant que les solutions qui sont proposées pour régler la crise ressemblent à ce point aux éléments qui l’ont provoquée. Si on se rappelle, avant de parler de la crise économique, on a d’abord parlé d’une «crise du crédit». En effet, pour faire rouler l’économie (mais surtout pour s’en mettre plein les poches!), des sociétés de crédit américaines ont prêté des sommes importantes d’argent à un trop grand nombre de gens incapables d’assumer de telles dettes. Or, ce mode de vie qui consiste à vivre au-dessus de nos moyens et à surconsommer toujours plus, est non seulement à l’origine de la crise économique actuelle, mais il est également responsable de la détérioration accélérée de notre planète! Pourtant, ce que le modèle néolibéral propose pour relancer l’économie, ce n’est pas de réduire les écarts entre les riches et les pauvres, ni d’assurer d’une meilleure redistribution de la richesse, mais plutôt d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs! Y’a-t-il quelque chose que nous n’ayons pas compris?
Dans ce numéro, un article de Vincent Greason, de la TROVEP de l’Outaouais, démontre l’effet des politiques néolibérales des dernières années sur l’effritement des droits économiques et sociaux. Vous pourrez également prendre connaissance du point de vue fort éclairant d’Éric Pineault, directeur de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation et démocratie, qui propose de saisir les opportunités offertes par l’échec actuel du système capitalisme pour remettre en question sa viabilité. Sylvie Lévesque nous entretient, pour sa part, de l’encadrement juridique des conjoints de fait. Un dossier qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps! D’autres sujets sont également abordés dans les pages qui suivent, mais je vous laisse le soin de les découvrir par vous-mêmes.
S’il est vrai que l’économie risque d’aller encore plus mal avant de se remettre à aller mieux, il est d’autant plus vital de continuer à lutter pour le droit à la dignité pour tous. Dans ce sens, la FAFMRQ a bien l’intention de ne pas baisser les bras et continuera à être la voix des familles monoparentales et recomposées.







