Par Nathaly Roy, présidente
Bulletin de liaison, Vol. 34 n°1
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le fait de parler au nom du mieux-être des enfants est devenu un créneau passablement à la mode par les temps qui courent. En effet, que ce soit dans le milieu de la recherche, dans le monde juridique ou du côté des actions gouvernementales, tous clament haut et fort vouloir agir dans le «meilleur intérêt des enfants». Même la FAFMRQ, dans ses multiples interventions visant la défense des intérêts des familles monoparentales et recomposées, mentionne régulièrement viser le mieux-être des enfants qui vivent au sein de ce type de familles. Ce fut notamment le cas lors de son intervention dans le cadre du procès sur l’encadrement juridique des conjoints de fait. On se rappellera que l’argument principal de la Fédération était que les enfants issus de parents en union de fait ne bénéficiaient pas des mêmes droits que ceux issus de parents mariés et qu’il était nécessaire d’y remédier. Or, si cette noble cause de veiller au mieux-être des enfants semble bel et bien partagée par le plus grand nombre, les moyens pour y arriver et les points de vue sur ce qui devrait être considéré comme bon ou néfaste sont passablement diversifiés.
On a pu voir de nombreux exemples de cette diversité de points de vue, notamment dans le cadre des consultations sur le projet de loi no 7 – Loi instituant le fonds pour le développement des jeunes enfants auxquelles la Fédération a participé en avril 2009. Comme vous pourrez le constater en lisant l’article de Lorraine Desjardins, bien que les objectifs à l’origine de ce projet de loi peuvent sembler louables, il était loin de faire l’unanimité parmi les groupes qui ont défilé devant la Commission des affaires sociales.
Vous pourrez également lire un article portant sur le troisième rapport d’étape du Comité de suivi sur l’implantation de la médiation familial. En plus de ne pas aller dans le même sens que les positions de la FAFMRQ en ce qui a trait à la médiation en contexte de violence conjugale, les recommandations du Comité de suivi laissent présager un avenir inquiétant quant à la gratuité de cette mesure qui a permis à des milliers de couples en instance de séparation de conclure des ententes hors cour. Pourtant, c’étaient également les intérêts des enfants qui étaient visés lors de la mise en place de la médiation familiale.
Un article de Françoise-Romaine Ouellette, de l’INRS – Urbanisation, Culture et Société, démontrera également qu’il existe d’importantes divergences lorsqu’il s’agit de juger de ce qui est bon ou mauvais pour les enfants qui ont connu l’adoption. Si une adoption sans rupture de lien avec la famille d’origine est souhaitable pour certains, pour d’autres, elle renferme des risques pour l’équilibre psychologique des enfants. Seront également abordés le point de vue de jeunes qui vivent au sein d’une famille recomposée avec des conjoints de même sexe ainsi qu’un article du Collectif pour un Québec sans pauvreté qui décrit comment s’est passé le dépôt de la pétition MISSION COLLECTIVE, le 14 mai 2009.
Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un très bel été et à vous inviter à faire le plein d’énergie en vue de la rentrée de l’automne prochain!








