Par Nathaly Roy, présidente
Bulletin de liaison, volume 35, numéro 1, juin 2010
Bonjour à toutes et à tous… Vous recevez aujourd’hui la toute première édition électronique et revampée du Bulletin de liaison de la FAFMRQ! Un nouveau look, certes, mais toujours avec des contenus qui se veulent pertinents et d’actualité pour les familles monoparentales et recomposées du Québec. Pour ce dernier numéro avant les vacances d’été, nous vous proposons encore une pléiade d’articles fort intéressants, tous en lien avec des conférences données dans le cadre du colloque «L’intervention en petite enfance au Québec : quelle place pour les familles?» qui s’est tenu à Montréal le 26 mai dernier. Rappelons que ce colloque était organisé par le partenariat Familles en mouvance et Dynamiques intergénérationnelles de l’INRS – Urbanisation, Culture et Société. Rappelons également que la FAFMRQ est membre du partenariat et a joué un rôle actif dans l’organisation du colloque.
Au menu, les articles de deux conférenciers français, co-fondateurs du collectif Pasde0deconduite. Sylviane Giampino, psychanalyste et psychologue spécialiste de la petite enfance, nous parle des dangers que recèle la prévention qui s’appuie sur une approche mécaniste et prédictive. Elle nous rappelle notamment que, contrairement à ce que prétendent certains tenants de l’intervention précoce, tout ne se joue pas avant trois ans et qu’à force de traiter certains jeunes enfants comme de futurs délinquants, on risque d’amener ces derniers à ce conformer à l’image négative qu’on leur renvoie d’eux-mêmes. Pierre Suesser, pédiatre en protection sociale et infantile, sonne lui aussi l’alarme face aux déviations prédictives de la prévention et retrace pour nous les facteurs à l’origine de cette approche sur le territoire français.
Plus près de nous, l’article de Jean-François René, de l’École de travail social de l’UQAM, aborde l’importance de développer des approches misant sur la reconnaissance et l’expérience des parents et construites sur des relations fondées sur une éthique de la réciprocité. Carol Gélinas et Élisabeth Dorin-Gascon, également de l’École de travail social de l’UQAM, examinent les impacts des nouvelles injonctions sur la vie des parents, des familles, des enfants à travers deux situations qui ont cours au Québec, soit la participation des parents à l’école et le «contrôle» des boîtes à lunch. Finalement, Michelle Pelletier et Danielle Piché, de La Petite Maison de la Miséricorde (une association membre de la FAFMRQ), nous parlent d’une approche qui mise essentiellement sur les forces des femmes monoparentales et sur les solidarités qui se tissent entre elles au fil de leur participation aux activités de l’organisme. De quoi être fiers du travail qui se fait au sein des associations membres de la Fédération!
S’il existe parmi vous des gens qui doutent de la pertinence de ces sujets pour les familles que la FAFMRQ représente, rappelons que les programmes et les activités de prévention dont il a été question dans le cadre du colloque du 26 mai dernier visent en priorité les familles dites «vulnérables» et que ce sont majoritairement les familles monoparentales à faible revenu qui sont ciblées par ce type d’intervention. Or, il est plus que nécessaire de bien saisir les tenants et aboutissants de ces approches et de s’assurer que la justice sociale n’est pas sacrifiée au profit d’une meilleure gestion des risques dans les programmes sociaux. La Fédération vient de terminer une autre année de luttes pour l’amélioration des conditions de vie des familles monoparentales et recomposées et entend bien continuer à déployer tous les efforts pour réaliser des gains cette année. Ce tout nouveau format du Bulletin de liaison vous lance donc une manière d’invitation au voyage… vers l’avenir!






