Face à la ségrégation scolaire: oser choisir le bien commun

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Face à la ségrégation scolaire: oser choisir le bien commun

ANNE-MARIE BOUCHER LE DEVOIR (LIBRE OPINION)

Septembre 2017, avenue Pie-IX, 7 h 35. Le chemin vers l’école se fait avec mon plus grand, qui s’en va sur ses 10 ans. Léon, qu’il s’appelle, la casquette vissée sur la tête, le sac à dos deux fois plus gros que son corps pas pressé de grandir. Chemin faisant, les yeux pleins du soleil du matin, je demande à Léon: «Dis-moi donc, Léon, s’il existait un système avec deux écoles, la première, ben ordinaire, avec des profs un peu fatigués, pas beaucoup de sorties, et qu’on y mettait les enfants plus pauvres, et la seconde, avec des profs très passionnés, des sorties, des cours spéciaux, et qu’on y mettait les enfants les plus riches… qu’est-ce que t’en dirais ?» Léon réagit prestement : «Ce serait pas juste, maman, que les enfants les plus pauvres n’aient pas une aussi bonne école !» Je marque une pause et le relance: «Bon d’accord, c’est peut-être injuste… mais disons qu’on changerait le modèle, la première école accueillerait les élèves qui ont, disons, plus de difficulté, et l’autre, les élèves qui ont de la facilité et qui…» Léon m’arrête avant que j’aie le temps de finir: «Même chose, maman, c’est injuste!» […]

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